HISTOIRE DE L'ART
Centre Georges Pompidou
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I L’histoire du Centre Pompidou

            A) Beaubourg, un quartier historique

On appelle cet emplacement le plateau Beaubourg. En 1960, c’est un terrain vague qui sert de parking. Mais il n’en a pas toujours été ainsi.

Situé entre les anciennes Halles de Paris et le quartier du Marais, dans le quartier Beaubourg (Nommé ainsi par dérision tant il était pauvre et mal famé à cause de l’opulence paroisse Saint-Merri), il est bordé par deux axes : à l’ouest, par la rue Saint Martin et, à l’est, par la rue du Temple.
Dans ce quartier Beaubourg se sont installés de nombreux métiers et corporations : aiguilliers, attachiers, bouchers, bourreliers, confiseurs, coulissiers, couteliers, corroyeurs, crieurs, verriers, mais aussi usuriers et changeurs. C'est le lieu de tous les divertissements, avec ses théâtres, ses cabarets aux mille, ses « ceintures dorées », ses ribaudes et ses filles de joie...
Dès le XVIe siècle, le quartier acquit un renom littéraire et artistique de tout premier plan. L'hôtel Jabach, splendide demeure commandée à l'architecte Bullet en 1659 par le financier allemand Everhard Jabach, fut ainsi un véritable centre culturel où le maître des lieux exposait sa magnifique collection d'œuvre d'art, recevait les artistes et les soutenait. Après la mort de son propriétaire, l'hôtel fut notamment transformé en opéra et en théâtre.
Il demeura en place (à l'emplacement actuel de l'IRCAM) jusqu'au début du XXe siècle.
Le quartier Beaubourg en 1615
Le quartier Beaubourg en 1615


Beaubourg fut également le quartier des écrivains et des poètes. Boccace naquit rue des Lombards ainsi que, bien plus tard, Gérard de Nerval et Robert Desnos.
Le quartier servit de décor à plusieurs romans. Victor Hugo y situe une partie de Notre-Dame de Paris et des Misérables, Restif de la Bretonne, Honoré de Balzac installe César Birotteau, Gérard de Nerval y rencontre Aurélia, Robert Desnos et Guillaume Apollinaire le mettent en vers, André Breton le prend à témoin dans Lamour fou et dans Arcane XVII...
Sous Napoléon III, l'intervention du préfet Haussmann, initiateur des grandes artères dans l'urbanisme parisien, conduisit à la démolition de nombreux quartiers. Celui de Beaubourg, désormais isolé entre deux axes de circulation (la rue de Rivoli et le boulevard de Sébastopol), dépérit progressivement. Déclarée îlot insalubre n° 1, une grande partie du quartier fut rasée entre 1933 et 1937, laissant nus les emplacements des plateaux La Reynie et Beaubourg.
Le quartier Beaubourg après-guerre
Le quartier Beaubourg après-guerre(en vert, l'emplacement futur du Centre)




Jusqu'en 1969, ceux-ci furent occupés par un parc de stationnement et un atelier de destruction de caisses et cageots provenant des Halles, toutes proches.
Le plateau Beaubourg avant la construction du Centre, était occupé par un parking
Le plateau Beaubourg avant la construction du Centre, était occupé par un parking


En 1968, les autorités décidèrent de le réhabiliter. De nombreuses rénovations furent entreprises rue Saint-Merri, rue Michel-le-Comte, rue Quincampoix.

En 1969, Les Halles sont transférées à Rungis qui permet l'aménagement, de part et d'autre du boulevard de Sébastopol, d'un vaste espace au cœur de Paris, dédié aux activités de l'esprit et aux loisirs.
C’est dans ce contexte que le président de la République française Georges Pompidou décide en 1969 d’affecter le plateau à la création d’un centre national d’art et de culture. L’emplacement de l’ancien îlot insalubre devenu terrain vague puis parking, est choisi pour accueillir le futur bâtiment.

Sa localisation en plein cœur de la métropole en fait un lieu privilégié pour un projet qui devra rayonner dans la France entière et dans le monde.
Les travaux durèrent cinq années, de 1972 à 1977.
Cinq années durant lesquelles un chantier exceptionnel s’élabora en présence du public qui pouvait en suivre l’évolution, et mieux comprendre les prouesses technologiques mises en œuvres.
Chantier du Centre Georges Pompidou
Chantier du Centre Georges Pompidou

En 1977, le Centre Pompidou est inauguré par le Président Valéry Giscard d’Estaing en présence de nombreux chefs d’Etats étrangers.


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            B) Les polémiques


« L'affaire des Halles »
La rupture manifeste qu'exprimée la conception du Centre Pompidou se confirme par les réactions de rejet qui se multiplient de 1969 à 1977.
Chacune des phases du projet - son élaboration, le chantier, puis l'inauguration - est l'objet de polémiques considérables, tant dans la presse qu'auprès des habitants du quartier. Des architectes, artistes, intellectuels et donateurs se mobilisent également. Les débats témoignent des enjeux politiques que le Centre doit relever concernant les remises en question de la notion de culture et, partant, du paysage institutionnel et artistique français.
Une du journal du Dimanche

Une du journal du Dimanche

Le premier de ces débats est emblématique destruction des pavillons Baltard durant l'été 1971.
Démolition des pavillons Baltard en 1971
Démolition des pavillons Baltard

Cet acte préliminaire à la construction du Centre devait remodeler le quartier vieilli et saturé de Beaubourg. La coïncidence de ces deux projets - la destruction des Halles et la construction du Centre - rend les critiques plus virulentes à l'égard de ce dernier.

Face à cette situation, les membres du jury du concours s'adressent le 6 juillet 1971 au président de la République, pour « préserver au moins une partie des pavillons Baltard sacrifiés sans raison décisive, à la fois parce qu'ils sont dans l'histoire de l'architecture française, une date et une réussite qu'il sera difficile d'égaler, et qu'ils constituent, par rapport au futur Centre Beaubourg, un espace d'animation et de rencontres dont la disparition risque de compromettre l'œuvre à laquelle vous attachez votre nom». Toutefois, ni les protestations d'architectes tel que Jean Prouvé, président du jury, ni celles d'historiens de l'art aussi célèbres qu'André Chastel n'arrêteront le processus de démolition.
D'autres voix, telle l'association de défense du vieux Paris, Le geste architectural, s'opposent à la construction du Centre devant le tribunal administratif. L'association obtient « un sursis à exécution des travaux» en juillet 1974 mais le Conseil d'État conclut à un non-lieu en janvier 1975. Avec du recul, il apparaît que la notoriété du Centre et la fâcheuse disparition des pavillons Baltard ont suscité un nouvel intérêt du public pour les architectures métalliques. Cette prise de conscience a permis de reconvertir ce type de patrimoine dans le secteur culturel : transformés en centres d'art ou en salles de spectacle, ces sites sont préservés et trouvent ainsi une nouvelle vie.

Le Centre : une « raffinerie » ?
Les polémiques que suscite le projet du Centre - de son élaboration en 1969 à son inauguration en 1977 - indiquent combien l'architecture du bâtiment est controversée. Sa nouveauté, sa radicalité, sa rupture délibérée avec les conventions, voire sa provocation heurtent l'opinion publique. En le qualifiant de «Notre-Dame des Tuyaux», de « raffinerie», d'«usine à gaz» ou de «hangar de l'art», les critiques dénoncent son architecture incongrue.

C'est pourtant cette audace, son architecture décalée, qui constitue sa meilleure publicité. Comme le note Catherine Millet en février 1977 : «Beaubourg est peut-être beau, Beaubourg est peut-être moche, de toute façon, c'est avec des gestes de ce type que l'architecture, au cours de l'histoire, a posé ses pierres blanches. » Les attaques portent aussi sur la capacité et l'aptitude de l'édifice à présenter les chefs-d'œuvre de l'art moderne. Ayants droit, donateurs et même critiques d'art craignent que les œuvres ne perdent de leur sens et de leur aura une fois exposées dans cette « raffinerie ». Hormis les contestations qui portent sur l'architecture et le musée, le reste du projet est, quant à lui, totalement ignoré des critiques : «Le département des arts plastiques ne représente que le quart des activités rassemblées sur le fameux plateau. La critique a épargné les trois autres : la BPI, l'IRCAM ou le CCI. »

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            C) Le concours

En 1969, après avoir déterminé ses différentes exigences pour ce centre de culture, le président Georges Pompidou lance un concours international d'architecture.
C'est la première fois que la France propose un concours international d'architecture de cette ampleur. Les maitres d'œuvres étaient jusqu'alors désignés par le président.
Cette opération attire plus de 491 candidats étrangers et 186 français. La réception des 681 projets est close le 28 juin 1971.
La délibération du jury, présidé par l'ingénieur et architecte Jean Prouvé, a lieu dans la Galeries nationales du Grand Palais le 15 juillet 1971. Ils choisissent finalement le projet d'une équipe de jeunes architectes: Renzo Piano, Richard Rogers, Gianfranco Franchini, assistés par l'ingénieur Peter Rice.
Première maquette présentée par Renzo Piano et Richard Rogers
Première maquette présentée par Renzo Piano, Richard Rogers et Gianfranco Franchini


Ces lauréats tous étrangers, ont imaginé et dessiné un bâtiment résolument différent des conceptions dominantes en matière d'architecture muséale. La simplicité des formes et la prise en compte de l'environnement justifient la victoire du projet Piano-Rogers. En effet, la philosophie du bâtiment proposé correspond parfaitement à celle du projet émise par Georges Pompidou !

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